La star du Chinatown d’Aubervilliers est aussi dans l’immobilier

 

L’un des principaux hommes d’affaires du Chinatown d’Aubervilliers, Hsueh Sheng Wang, à la tête du groupe immobilier Eurasia,

 

Hsueh Sheng Wang « Un Chinois investit une partie du Port du Havre »

En 2011, l’homme d’affaires Hsueh Sheng Wang Eurasia Groupe, star du Chinatown d’Aubervilliers, affolait journaux et télés.

Inconnu du grand public, Hsueh Sheng Wang, le PDG d’Eurasia, règne sur les entrepôts de confection d’Aubervilliers. Celui qui a aussi investi dans le port du Havre s’adresse aujourd’hui à un parterre de décideurs français pour vanter les bienfaits du commerce franco-chinois.

16 déc. 2014 08:00 – Christophe Joly

Sous les lustres de cristal et les dorures du Bristol à Paris, le très discret monsieur Wang va aujourd’hui s’adresser à des dizaines de chefs d’entreprise, ambassadeurs et hommes politiques, tous membres du Chinese Business Club ou invités par celui-ci. Le président d’Eurasia, son discours, il n’a pas l’intention de l’écrire à l’avance, son message il le connaît par cœur : la France a besoin d’investisseurs chinois, nous dit-il, installé dans son bureau, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), où les fioritures d’un palace parisien n’ont pas leur place.

Cette ville aux portes de Paris est presque devenu son fief. Ici, il est à la tête de plus de 400 000 mètres carrés (soit la superficie de 70 terrains de football) de locaux loués à 1 200 sociétés, cumulant 30 millions d’euros de loyers chaque année. Un métier très éloigné de la restauration et du textile où il a fait ses premières armes il y a trente-cinq ans, « car il n’y avait pas assez de business ». Le business, il l’a trouvé dans l’importation de produits chinois, ajoutée à l’immobilier.

700 emplois promis

 

 

Un contrat signé en grandes pompes dans les salons de l’hôtel de ville du Havre par Wang et le maire de l’époque, Edouard Philippe, devenu Premier ministre.

Objectif: faire de ces lieux de stockage un vaste showroom où les exportateurs chinois pourraient montrer leurs produits aux potentiels clients français. Six ans plus tard, la majeure partie des entrepôts a bien été rénovée puis louée ou revendue à des PME et des logisticiens. Mais pas de showroom ni de grande plate-forme d’import-export.

Surtout, selon nos informations, l’ex-grossiste, est reconverti dans l’immobilier.

 

 

Grossiste reconverti dans l’immobilier

Agé de 52 ans, Wang est originaire de Ningbo, une ville portuaire située au nord de Wenzhou, dans la province du Zhejiang, considérée comme l’un des ateliers du monde et le principal berceau de l’immigration chinoise en France. Arrivé à 13 ans dans l’Hexagone, il se lance d’abord dans la restauration avant de faire fortune dans la confection, dans le Nord puis en région parisienne, fournissant les enseignes Kiabi, Gifi ou encore La Redoute.

L’homme d’affaires devient l’une des figures de proue du Sentier d’Aubervilliers. Le premier centre européen d’import-export de textile rassemble 1600 magasins de vente en gros, tenus en majorité par des commerçants originaires de Wenzhou. 10 000 personnes travaillent dans le « triangle d’or », entre l’avenue Victor Hugo, la rue des Gardinoux et la rue de la Haie-Coq où se situe le siège d’Eurasia Groupe, la société de Wang, cotée sur Euronext Growth (marché dédié aux valeurs moyennes) et dont il détient 64%.

Chinatown Aubervilliers est la plateforme de distribution en Europe

  1. WANG est reconverti et crée de l’emploi

Comme l’explique Richard Beraha dans son livre La Chine à Paris, Wang fait partie de ces Wenzhous les plus fortunés qui, jugeant leurs affaires de textile trop contraignantes et aléatoires, décident de s’en séparer pour se reconvertir dans l’achat, la vente et la location de locaux commerciaux. Eurasia gère ainsi 375 000 mètres carrés d’entrepôts et de boutiques, essentiellement en Seine-Saint-Denis, et a même plusieurs projets d’hôtel. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe a atteint 31 millions d’euros en 2016, pour un résultat net de 9 millions. Au sein de la communauté chinoise, adepte de la discrétion, la personnalité de Wang détonne. Il n’hésite pas à s’afficher dans les médias et à jouer les VRP du Havre auprès des entreprises chinoises (34 % des clients du port), pour le plus grand bonheur des responsables locaux.

En 2014, il lance même sa propre chaîne de télé communautaire, Eurasia TV.

 

 

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