Aménagement du port du Havre : l’autopsie d’une réussite

 

 

Un entrepreneur breton annule sa poursuite en justice vers le magnat chinois de l’immobilier M. Hsueh Sheng Wang, dit « M. Wang » d’Eurasia Groupe

En jeu : l’aménagement d’une partie du port du Havre

C’est une bonne affaire pour le port du Havre : un riche homme d’affaires chinois porteur de nombreux projets, des rendements locatifs importants

 

  1. WANG, Eurasia Groupe

 

Démarré d’une petite société de vente de détail de produits textile, maroquinerie, suivi d’un succès de l’importation des produits fabriqués en Chine, le Groupe s’est positionné dans l’immobilier commercial.

Le Groupe exerce actuellement une triple activité :

–    Une activité de location directe consistant à acquérir en vue de les louer des actifs immobiliers de magasins/show-rooms, d’entrepôts et de bureaux.  Le Groupe détient en propre un patrimoine immobilier de 64 713 m².

–    Une activité de sous location consistant à prendre de bail en vue de les sous louer des actifs immobiliers de magasins/show-rooms, d’entrepôts et de bureaux.   Le Groupe sous loue un patrimoine immobilier de 188 772 m².

–    Une activité hôtelière.  Le Groupe détient en propre un hôtel d’une capacité de 43 chambres.

Le parc immobilier sous gestion est ainsi de 253 483 m² et comprend 29 sites.  Le Groupe totalise à ce jour 522 lots loués à des tiers ce qui représente un taux d’occupation d’environ de 95 % de son parc.

La principale stratégie du Groupe est de chercher en permanence à proposer à ses clients un lot correspondant à leurs exigences en termes de superficie.  La taille des lots s’échelonne de 50 m² à environ 5 000 m².

 

 

 

Tout commence en 2011. L’homme d’affaires chinois Hsueh Sheng Wang, à la tête d’Eurasia Groupe, rachète en grande pompe à la municipalité du Havre, en Seine-Maritime, 79 000 m² d’entrepôts désaffectés, idéalement situés près du port. Son ambition affichée est d’en faire un grand centre d’import-export avec la Chine. Son empire immobilier commercial, situé à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, lui en donne les moyens. L’acte de vente de 7 M€ est signé sous l’oeil des caméras de télévision, à l’hôtel de ville, par le maire de l’époque, un certain Edouard Philippe. Très enthousiaste, ce dernier promet la création de 600 à 700 emplois.

 

Une fois les entrepôts divisés en lots, Hsueh Sheng Wang les met sur le marché. L’un des premiers acquéreurs à sortir son portefeuille est cet entrepreneur breton, qui souhaite garder l’anonymat. En 2013, il achète deux cellules commerciales pour la somme de 800 000 €, dans l’optique de les louer.

 

empoché au Havre au moins 26 M€ à la suite de la cession de plusieurs lots, selon le rapport d’activité 2014 et d’autres ventes ont eu lieu depuis.

 

«Je voulais aider la France» Hshueh Shen Wang, promoteur immobilier

En 2006, la ville du Havre fait l’acquisition de 79 000 m 2 d’entrepôts situés sur le port. Coût de l’opération : 7,5 M€. Mais, pendant les quatre années qui suivent, aucun projet ne voit le jour. Si bien qu’en 2010 la mairie, emmenée alors par le futur Premier ministre Edouard Philippe, décide de vendre toute cette zone à Hsueh Sheng Wang. Ce dernier promet des aménagements considérables et laisse entrevoir des perspectives alléchantes pour le développement économique de la ville.

Du côté de la mairie, on se retranche derrière le fait que le site est aujourd’hui privé. Quant à M. Wang, joint par téléphone, il assure qu’il n’a jamais promis de créer des emplois. « La municipalité était bien contente de vendre pour ne plus payer de taxe foncière. Je voulais investir pour aider la France mais Le Havre est un endroit qu’on ne peut pas développer. »

 

 

 

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